Partir avec son ordinateur sous le bras, changer de décor tous les trois mois et bosser face à la mer, c’est le rêve. Mais la réalité administrative rattrape vite ceux qui oublient de bien choisir leur structure juridique avant de décoller. En 2026, entre les nouvelles régulations fiscales et l’évolution de la protection sociale, le choix du statut est devenu le pilier central de la réussite d’un projet itinérant.
Alors, quel montage privilégier pour allier rentabilité et sérénité ? On fait le tour des options qui s’offrent à vous.
La Micro-entreprise : La fausse simplicité ?
C’est souvent le premier réflexe. On crée son auto-entreprise en trois clics et on se lance. C’est parfait si vous débutez avec peu de frais. Mais attention : dès que vous passez la frontière, les choses se corsent parfois radicalement.
D’un point de vue fiscal, si vous restez résident français, vous payez vos cotisations en France sur votre chiffre d’affaires brut. Le problème ? Vous ne pouvez déduire aucune charge. Vos billets d’avion, vos abonnements de coworking et vos assurances spécifiques pour l’étranger sortent directement de votre poche après impôts. Pour un travailleur itinérant qui a beaucoup de frais logistiques, la note peut devenir salée. De plus, la couverture santé reste basique, ce qui est risqué quand on s’éloigne des structures de soin françaises.
Le Portage Salarial : Le « Luxe » de la sécurité
C’est la solution qui monte en puissance cette année. Le principe est simple : vous êtes freelance dans l’esprit, mais salarié dans la forme. Vous trouvez vos clients, vous fixez vos tarifs, et une société de portage transforme vos honoraires en fiche de paie.
Pourquoi est-ce pertinent pour un voyageur ? D’abord pour la protection. Vous cotisez au chômage et à la retraite, et vous bénéficiez d’une mutuelle d’entreprise souvent bien plus performante à l’international que la sécurité sociale des indépendants. Mais le vrai bonus, c’est la gestion des frais. Vos dépenses liées à votre activité itinérante peuvent être déduites de votre chiffre d’affaires avant le calcul des cotisations.
Au final, Il n’y a rien de plus facile que de prendre le portage salarial comme situation quand on veut se concentrer sur son code ou son marketing plutôt que sur l’URSSAF.
SASU ou Entreprise Individuelle : Pour les profils établis
Si votre chiffre d’affaires explose et dépasse les plafonds de la micro-entreprise, la SASU peut sembler attractive. Elle permet de piloter ses revenus via des dividendes. Toutefois, pour un itinérant, c’est souvent une usine à gaz comptable. Entre le dépôt des comptes, la gestion de la TVA (parfois complexe hors UE) et l’absence de protection chômage, c’est un statut lourd à porter quand on change de fuseau horaire tous les mois.
Comparatif 2026 : Quel statut pour quel profil ?
| Critère | Micro-entreprise | Portage Salarial | SASU |
| Gestion administrative | Ultra-simple | Nulle (gérée par le tiers) | Lourde (comptable) |
| Protection Sociale | Faible | Maximale (Régime général) | Moyenne |
| Frais de voyage | Non déductibles | Déductibles du CA | Déductibles |
| Chômage / Retraite | Limité | Oui | Non |
Le verdict : Comment trancher ?
Le choix dépend de votre tolérance au risque. Si vous voulez tester un projet pendant six mois avec un petit budget, la micro-entreprise reste imbattable.
Par contre, si vous visez le long terme, que vous avez des clients solides et que vous ne voulez pas sacrifier votre retraite ou votre santé pour quelques mois en Asie ou en Amérique latine, le portage salarial gagne le match par KO. C’est le seul statut qui vous permet de présenter des fiches de paie pour louer un appartement à votre retour en France tout en ayant profité d’une liberté totale à l’autre bout du monde.
Prêt à sauter le pas ? Pensez à bien simuler vos revenus nets avant de partir pour éviter les mauvaises surprises au premier virement.
