C’est l’une des questions les plus fréquentes — et les plus mal répondues — du nomadisme digital. La réponse dépend de plusieurs facteurs et peut avoir des conséquences fiscales importantes.
La notion de résidence fiscale
En France, tu es considéré comme résident fiscal si au moins l’une de ces conditions est remplie :
- Ton foyer (domicile principal, famille) est en France
- Tu séjournes en France plus de 183 jours dans l’année
- Ton activité professionnelle principale est exercée en France
- Le centre de tes intérêts économiques est en France
Si tu remplis une de ces conditions, tu es résident fiscal français et dois déclarer l’ensemble de tes revenus mondiaux en France, quelle que soit ton adresse physique au quotidien.
Le cas de l’auto-entrepreneur nomade
Si tu es auto-entrepreneur en France et que tu travailles pour des clients français depuis l’étranger, tu restes en général soumis au régime auto-entrepreneur français tant que ta résidence fiscale est en France. Tu déclares normalement via le site auto-entrepreneur.urssaf.fr et l’application de déclaration d’impôts habituelle.
Quand la situation devient complexe
Les problèmes surviennent quand tu passes moins de 183 jours en France ET que tu t’installes durablement dans un autre pays. Dans ce cas, tu peux potentiellement être résident fiscal de ce nouveau pays — et la double imposition devient un risque réel.
La France a des conventions fiscales avec la grande majorité des pays du monde. Ces conventions déterminent quel pays a le droit d’imposer tes revenus. Mais les règles varient selon le pays et le type de revenus.
Ce qu’il ne faut pas faire
Ne pas déclarer ses revenus en espérant passer entre les mailles du filet est une stratégie risquée. Les échanges d’informations fiscales entre pays européens se sont intensifiés. Les banques signalent les mouvements importants. Un contrôle fiscal avec des années d’arriérés, pénalités et intérêts est infiniment plus douloureux qu’une situation régularisée.
La marche à suivre
Tant que tu restes résident fiscal français, déclare normalement. Si tu envisages de te déplacer à l’étranger sur de longues périodes, consulte un expert-comptable ou un avocat fiscaliste spécialisé en expatriation avant de partir. Les honoraires d’un bon conseil (200-500€) sont sans commune mesure avec les problèmes qu’ils évitent.


